La piste s’efface, le vent prend la main. Très vite, une randonnée en Islande au Landmannalaugar quitte le simple décor pour devenir une marche attentive, rude, presque silencieuse.
La carte promet peu de distance, mais la piste, les gués et la météo décident autrement. Au cœur des Hautes Terres islandaises, les montagnes de rhyolite passent du cuivre au rose sous la pluie, tandis que la lave noire, les fumerolles et l’eau chaude imposent leur loi nue. Brutale.
Landmannalaugar, un décor minéral au cœur des Hautes Terres
Landmannalaugar apparaît au bout des pistes des Hautes Terres, comme une halte posée entre cendre, vapeur et montagnes striées. Au sein de la réserve naturelle de Fjallabak, le site offre des paysages volcaniques colorés, où les pentes passent du jaune au vert, puis au rose brun selon la lumière. Pour une randonnée en Islande au Landmannalaugar, cette variété donne le ton d’un voyage nature.
Près du camp, les sentiers quittent vite les passerelles et la boue tiède pour rejoindre des crêtes ouvertes. Les sources géothermiques et les veines de lave rappellent la force du sous-sol, sans rompre le calme des vastes plateaux. Un trek en Islande trouve ici un terrain compact, rude, lisible, où chaque heure de marche révèle une couleur ou une odeur nouvelle.
- Un camp isolé, accessible par les pistes F durant la saison d’ouverture.
- Des montagnes de rhyolite aux teintes jaunes, vertes, roses et brunes.
- Des sentiers courts ou plus engagés autour du refuge.
- Un bain chaud naturel près de la zone de camping.
Reliefs de rhyolite, lave noire et chaleur souterraine
Les teintes du Landmannalaugar naissent d’une histoire de feu, d’eau et de minéraux. La rhyolite, roche volcanique acide riche en silice, porte des oxydes qui colorent les versants de jaune, de vert ou de rouge sombre. Autour du refuge, le champ de lave de Laugahraun, lié à l’éruption de 1477 du système du Torfajökull, dessine un socle noir et tourmenté.
Ce contraste donne au marcheur une lecture simple du terrain, même sans vocabulaire savant. Sur certaines pentes, l’obsidienne noire accroche la lumière comme du verre, née d’un refroidissement rapide de la lave. Plus haut, des fumerolles, des sols tièdes et une odeur soufrée signalent une activité géothermique encore présente. Le sentier devient alors une coupe vivante du volcanisme islandais, à hauteur de chaussures.
Venir jusqu’au camp de base sans sous-estimer les pistes
Le camp de Landmannalaugar ne se rejoint pas comme une simple aire de départ pour randonneurs. À l’écart des routes goudronnées, il repose dans les Hautes Terres du sud, au sein de Fjallabak. L’approche passe par les routes F islandaises, dont la F208, la F224, la F225 ou la F26, ouvertes selon neige, crues et entretien.
Deux options dominent pour cette randonnée en Islande au Landmannalaugar. Avec un accès en 4×4, vous gardez votre rythme, mais les gués, les pierres coupantes et la météo imposent une vraie prudence. Le bus, lui, réduit les risques de conduite sur les pistes de montagne et sert très bien un trek sans véhicule personnel. Depuis 2025, le stationnement coûte autour de 9 à 14 € par jour, avec réservation via Parka du 20 juin au 14 septembre.
En 4×4 par les routes F
Depuis Reykjavík, prévoyez environ 3 h 15 à 4 h, selon l’itinéraire et l’état des pistes. La F208 par l’ouest, via la route 26, Selfoss ou Hella, reste l’approche la plus directe pour beaucoup de voyageurs. La variante sud offre des reliefs plus sauvages, mais demande davantage d’attention. Les traversées de rivière se jugent sur place, surtout près du parking principal. Côté location, l’assurance du véhicule exclut en général les dégâts causés par l’eau, même avec un 4×4.
En bus depuis Reykjavík ou le sud
Le bus évite les gués et laisse l’énergie à la marche. Reykjavik Excursions relie Reykjavík à Landmannalaugar en environ 5 heures, avec arrêts possibles à Selfoss et Hella. La navette estivale circule en principe du 14 juin au 15 septembre, selon l’ouverture des pistes, avec un départ quotidien et jusqu’à deux en juillet-août. Pour un trek sans voiture, cette solution reste simple, lisible et sûre. Le billet aller simple tourne autour de 55 à 60 € par personne.
Saisons courtes, météo vive et journées changeantes
À Landmannalaugar, la saison de marche se concentre de la mi-juin au début septembre. Cette fenêtre estivale dépend de l’ouverture réelle des routes F, décidée selon la fonte des neiges et l’état des gués. Hors saison, les accès des Hautes Terres se referment ; les pistes enneigées gardent longtemps des congères, même quand la côte paraît déjà printanière.
Le ciel, lui, change sans prévenir. La météo des Highlands mêle rafales, pluie froide et éclaircies franches dans une même journée. Un brouillard soudain peut effacer les reliefs autour de Laugahraun et compliquer l’orientation sur un trek. Consultez les bulletins de l’Icelandic Met Office et safetravel.is, puis gardez une marge plutôt qu’un horaire serré.
| Période | Températures moyennes |
|---|---|
| Fin mai – mi-juin | 5 à 11 °C |
| Mi-juin – fin août | 10 à 20 °C |
| Début septembre | 7 à 12 °C |
Dormir sur place entre refuge, camping et bain chaud
Au camp de Landmannalaugar, le couchage se décide surtout par votre tolérance au vent et à la promiscuité. Une nuit en refuge offre un toit, des dortoirs simples et une réservation à anticiper tôt. Le camping du camp coûte moins cher, mais réclame une tente solide, des sardines sérieuses et un bon duvet.
Les services restent sobres, ce qui fait partie du caractère du lieu. Vous trouvez de l’eau, des toilettes, un petit ravitaillement cher, et des douches payantes autour de 3 à 4 € pour 5 minutes. À environ 200 mètres du refuge, la source chaude naturelle de Laugahraun invite à délasser les jambes après la marche, sans savon ni bruit inutile.
| Type | Prix indicatif | Réservation | Infos |
|---|---|---|---|
| Refuge (dortoir / chambre) | ~75 € / personne / nuit | Obligatoire, bien en avance | Douches payantes (≈ 3-4 €/5 min), pas de sacs de couchage fournis |
| Camping | ~12-17 € / personne / nuit | Non obligatoire (premier arrivé, premier servi) | Accès toilettes inclus, douches en supplément |
À retenir : le bivouac sauvage est interdit dans la réserve de Fjallabak ; dormez au refuge ou sur l’aire de camping officielle.
Randonnées à la journée autour des montagnes colorées
Autour du refuge de Landmannalaugar, les sentiers partent vite vers la lave, les ravins chauds et les crêtes de rhyolite. Ces itinéraires courts remplacent bien un trek de plusieurs jours lorsque le temps manque ou que le sac reste léger. Après quelques minutes de marche, les premières boucles pédestres mènent déjà loin du bruit du parking, avec des couleurs qui changent selon la lumière.
La journée se construit sans hâte, entre balade d’approche et boucle plus soutenue. Depuis le départ du camp, vous pouvez viser Laugahraun, puis gagner les crêtes si le ciel reste ouvert. Le terrain reste islandais : cendres meubles, névés tardifs et vent sec réclament de l’attention, même près des tentes. Ces sentiers livrent un premier panorama volcanique, puis une bonne lecture des reliefs avant Bláhnjúkur, Brennisteinsalda ou Ljótipollur. Pour préparer la journée, gardez ces repères en tête :
- Carte papier ou trace GPS chargée avant le départ.
- Veste imperméable, bonnet et gants, même en été.
- Eau et encas, car aucun service ne se trouve sur les sentiers.
- Maillot et serviette pour le bain chaud près du camp.
Bláhnjúkur et ses vues sur les glaciers
La montée vers Bláhnjúkur commence près du camp et prend vite de la pente sur un sol sombre, parfois friable. Le surnom de pic bleu vient des nuances froides de ses flancs, très nettes sous un ciel pâle. L’ascension reste sportive sans devenir extrême, avec environ 5,7 km et 360 m de dénivelé selon l’itinéraire choisi. Là-haut, la vue panoramique embrasse les coulées noires, les montagnes de rhyolite et, par temps clair, les masses blanches des glaciers au loin. Le vent peut couper la pause courte ; gardez une couche chaude accessible.
Brennisteinsalda au milieu des fumerolles
Brennisteinsalda se reconnaît à ses pentes tachées de jaune, de rouge, de vert et de noir, comme si le volcan avait gardé les traces de son feu intérieur. Les dépôts de soufre dessinent des veines claires autour des fumerolles, avec cette odeur minérale qui signale la chaleur souterraine. Le sentier traverse des zones géothermiques visibles, mais les passerelles et balises ne sont pas décoratives : le sol peut être brûlant ou fragile. Pour la photo, les lumières rasantes donnent du relief aux couleurs et aux vapeurs, surtout après une averse brève.
Ljótipollur, le lac de cratère au nom trompeur
Ljótipollur signifie « la flaque laide », un nom presque moqueur quand l’eau apparaît entre les pentes rouges et noires. Ce lac turquoise repose dans un cratère volcanique aux contours nets, avec un contraste saisissant entre la roche sombre et la surface claire. La marche demande plus d’engagement que les petites boucles proches du refuge, mais l’ambiance devient vite plus solitaire. Par vent calme, les reflets renforcent la beauté du lieu ; par ciel couvert, les couleurs restent profondes, presque irréelles. Le détour vaut surtout pour ceux qui aiment les reliefs ouverts et les pauses silencieuses.
Laugavegur, la grande traversée vers Þórsmörk
Le Laugavegur relie Landmannalaugar à Þórsmörk sur 55 km, généralement en quatre jours, par une suite de sols fumants, névés tardifs et déserts noirs. Ce trek Laugavegur réclame des jambes prêtes aux longues heures, plus qu’une technique alpine. Le sens recommandé suit l’itinéraire nord-sud, avec une descente progressive vers les bouleaux de Þórsmörk quand le vent le permet.
Les étapes changent de ton sans prévenir : sources chaudes, obsidienne, cendres, vallons verts. Cette traversée des Highlands garde une netteté rare, presque graphique. Si votre calendrier laisse une marge, l’extension vers Skógar ajoute 25 km par Fimmvörðuháls, entre Eyjafjallajökull et Mýrdalsjökull. Le trek atteint alors environ 80 km, avec des pentes plus raides et une arrivée spectaculaire près des cascades.
| Étape | Trajet | Distance | Dénivelé | Durée |
|---|---|---|---|---|
| Jour 1 | Landmannalaugar → Hrafntinnusker | 12 km | +679 m / -273 m | ~5h |
| Jour 2 | Hrafntinnusker → Álftavatn | 12 km | -490 m | ~5h |
| Jour 3 | Álftavatn → Emstrur | 16 km | -40 m | ~7h |
| Jour 4 | Emstrur → Þórsmörk | 15 km | -300 m | ~7h |
| Bonus J5 | Þórsmörk → Fimmvörðuháls | 13 km | +700 m | ~6h |
| Bonus J6 | Fimmvörðuháls → Skógar | 12 km | -880 m | ~6h |
Refuges, gués et rythme de marche sur plusieurs jours
Les refuges structurent les soirées, surtout en juillet et août, quand les couchettes se réservent très tôt. Les refuges gardiennés de Hrafntinnusker, Álftavatn, Emstrur et Þórsmörk offrent un abri simple, une cuisine partagée et peu de superflu. La tente reste possible sur les aires prévues, mais dans les réserves, le bivouac sauvage est interdit hors zones autorisées afin de protéger les sols fragiles.
La marche use par le vent, le poids du sac et l’eau froide plus que par les sommets. Chaque passage à gué se fait chaussures de rivière aux pieds, sangles du sac ouvertes, face au courant si la force monte. Cette marche longue distance se vit mieux à tempo posé : 12 km, 12 km, 16 km, puis 15 km jusqu’à Þórsmörk.
À retenir : les places en refuge pour juillet et août partent plusieurs mois avant le départ, surtout sur les nuits de Hrafntinnusker et Álftavatn.
Budget à prévoir selon le mode de voyage
Les dépenses se dessinent dès le choix d’accès aux Hautes Terres. Depuis Reykjavík, le coût du bus vers Landmannalaugar tourne autour de 55 à 60 € l’aller, presque 100 € l’aller-retour. En 4×4, l’addition dépend du carburant, de l’assurance couvrant les routes F et du parking, facturé environ 9 à 14 € par jour.
Pour dormir près du départ des sentiers, une nuit en camping revient en général à 12 ou 17 € par personne, avec une ambiance simple, parfois venteuse. Le tarif des refuges grimpe vers 74 ou 75 €, mais allège le sac pour un trek de plusieurs jours. Un voyage organisé, guide et logistique inclus, atteint plutôt 1 800 à 3 000 €.
- Bus aller-retour et camping : formule légère, autour de 150 à 200 € hors repas.
- Bus et refuges : environ 400 € pour quatre nuits, selon les disponibilités.
- 4×4 : carburant, parking, assurance adaptée et éventuelle location à intégrer.
- Formule encadrée : budget élevé, mais transferts, guide et hébergements inclus.
Équipement et gestes de sécurité avant le départ
À Landmannalaugar, le ciel peut passer du bleu au brouillard avant la fin d’une montée. Glissez des vêtements imperméables, une polaire, bonnet et gants dans le sac, même en juillet. Des chaussures robustes protègent les chevilles sur la lave coupante, les scories et les portions boueuses. Pour bivouac ou refuge, gardez un sac de couchage chaud.
La préparation se vérifie aussi sur la carte, loin du réseau téléphonique. Une navigation hors réseau fiable repose sur carte papier, boussole, GPS chargé et itinéraire partagé avec un proche. Les bâtons aident aux gués, tandis qu’un sac refermable ramène tous les déchets. Avant le départ, consultez météo, état des pistes et alertes SafeTravel ; la sécurité en montagne tient à ces gestes sobres.
Ce que l’on garde du Landmannalaugar après la marche
Au retour, la poussière reste dans les plis du pantalon et le vent semble encore battre aux tempes. Le Landmannalaugar ne se résume pas à un souvenir de voyage accroché aux photos ; il laisse une empreinte plus sourde, faite de lave râpeuse, de gués glacés, de pentes instables et de chaleur qui remonte du sol sous les semelles.
Plus tard, ce trek revient par éclats, comme une odeur de soufre ou une ligne rose sur une montagne sombre. Entre deux crêtes, le silence des plateaux donne aux pas une gravité rare, tandis que les couleurs islandaises virent du jaune au noir, puis au vert. La marche fatigue, mais elle affine le regard ; longtemps après, cette austérité garde au fond une force minérale étonnamment douce.